Après quelques heures de liberté, Bakayoko retrouve la prison

Alors que l’on avait commencé à interpréter la scène comme un simulacre de mise en liberté qui ne disait pas son nom par la Cour d’Appel de Conakry, le prévenu Abdourahmane Bakayoko vient de servir une autre soupe. Celle d’une tromperie de la part de son avocat pour finalement, se retrouver en prison.   Rappel des faits : on est lundi, 15 décembre. A la Cour d’Appel de Conakry, le jeune leader politique est amené menotté pour l’ouverture de son procès en appel. Quelques instants plus tard, il se retrouve seul : « Tout le monde est parti, les gardes, les juges. On m’a abandonné. Je n’ai rien compris », raconte-t-il. Se disant craindre pour sa sécurité parce que se retrouvant seul dans l’immense salle, il fait part à son avocat qui l’aurait conseillé de prendre un taxi et de rentrer à la maison ( !)

Il n’aura ainsi, aucune difficulté à quitter le tribunal et se transporter hors de la cour pour héler un taximan. Le chauffeur le conduit à domicile sans inquiétude. C’est lui-même qui alertera les médias pour raconter ce qu’il venait de vivre. Il confie toutefois, être à la disposition de la justice au cas où celle-là lui ferait appel : « Je n’ai pas fui. Mais, je craignais pour ma sécurité. Je suis à la disposition de la justice », ajoute-t-il avant de préciser : « Je dois me présenter mercredi [17 décembre] à 8 heures en compagnie de mon avocat à la Cour d’appel de Conakry ».  

Effectivement, ce n’est pas la justice qui lui a fait appel mais, comme il le dira, il est plutôt convaincu par son avocat, Me Bernard Feindouno, de reprendre volontairement, le chemin du tribunal : « C’est mon avocat qui m’a trompé. Il m’a dit d’aller au tribunal où j’étais censé rencontrer le juge en sa compagnie pour faire mon jugement. Mais, à mon fort étonnement, au lieu d’un jugement, on me ramène directement en prison ». Il était 9 heures, lorsque la porte de la Maison centrale de Coronthie s’ouvrait une nouvelle fois, à Abdourahmane Bakayoko.

Le temps de quelques instants de liberté avant de regagner sa cellule, le jeune et téméraire leader politique avait déclaré aux médias : « J’ai dit que Alpha Condé est mauvais, Cellou Dalein est pire. Les hommes de Cellou Dalein brûlent ma voiture, les hommes d’Alpha Condé me mettent en prison. Ça veut dire que j’ai raison ! »

Il prône « le ralliement de toutes les forces de l’opposition à une candidature unique. Celle de Sidya Touré, président de l’UFR. Il est acceptable dans toutes les ethnies et toutes les régions du pays. C’est le candidat idéal pour changer de régime sans risque de tension ethnique et régionale », avait-il clamé mardi avant de répondre à la question d’un confrère qui voulait savoir s’il ne regrettait pas ses propos contre le président Alpha Condé et l’opposant Cellou Dalein Diallo : « Je ne regrette pas du tout mes propos. Je n’ai jamais insulté qui que ce soit et je n’insulterai jamais quelqu’un. D’ailleurs, si je l’avais fait, j’aurais démissionné de la politique. Je n’ai fait que critiquer. Mes propos ont été transformés. Quand j’émets des doutes, eux, ils affirment », a lâché Abdourahmane Bakayoko, président du parti Les Démocrates Guinéens, en guise de conclusion.

Bangaly Sylla pour Conakryonline.com

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