CAN 2015 : La CAF rejette la requête du Maroc pour le report de la compétition

En annonçant la requête du Royaume du Maroc adressée à la Confédération Africaine de Football (CAF) le vendredi 10 octobre 2014, sollicitant le report de l’édition 2015 de la Coupe d’Afrique des Nations de football, prévue au Royaume chérifien, les commentaires n’ont pas tardé à Conakry. Surtout que l’argument avancé porte sur la présence de la maladie Ebola dans certains pays engagés dans les phases de qualification de la compétition. Une façon, selon la correspondance du Ministère de la Jeunesse et des Sports du Royaume, « d’exprimer la solidarité à ces pays ». Donc, puisque personne n’est dupe, les interprétations ont suivi aussitôt. Joint, le journaliste sportif Issiaga Sylla de la Radio Télévision Guinéenne a prédit qu’« il s’agit d’un argument qui ne va point prospérer. Le Maroc est d’ailleurs conscient que la CAF ne compte pas accéder à sa demande au regard des enjeux liés à l’organisation de la CAN ! Rien qu’à cause des sponsors, la demande sera rejetée ».

Dans la journée du samedi, 11 octobre, lorsque la CAF a indiqué « qu’aucun changement n’est à l’ordre du jour du calendrier de ses compétitions et évènements » et qu’« Il est à noter que depuis la première édition en 1957, jamais la Coupe d’Afrique des Nations n’a fait l’objet d’une déprogrammation ou d’un différé », le même journaliste a réagi en ces termes : « Le Maroc qui a été apprécié dans sa politique de maintenir son espace aérien ouvert aux pays frappés par Ebola, veut faire monter les enchères. Il veut "sa part" dans les entrées massives de sous qui sont annoncées et qui affluent vers ces pays. Il va par exemple demander de l’argent pour renforcer ses mesures de sécurité des spectateurs qui vont affluer, surtout que parmi ceux-ci, il pourrait y avoir ceux des pays du "bec du perroquet". C’est tout ».  

Heureusement donc, que la CAF a annoncé qu’elle « tient également à préciser que depuis le début des phases éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations Orange 2015 en Avril 2014, consciente des risques sanitaires posés par le virus Ebola, elle a constamment appliqué les principes de précaution en prenant en considération les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de divers experts médicaux ».   

L’instance faîtière du football africain précise d’autre part, qu’elle va traiter la requête du pays de Mohamed VI « lors de la prochaine réunion du Comité Exécutif de la CAF prévue le 2 novembre prochain à Alger en Algérie, en marge de la finale retour de la Ligue des Champions Orange 2014 de la CAF » et que, dès le lendemain, 3 novembre, une rencontre devra avoir lieu entre la CAF et la partie marocaine à Rabat. « La délégation de la CAF sera conduite par le Président de la CAF, M. Issa Hayatou », précise le communiqué de la Confédération Africaine de Football.

En attendant, au nom de ce qu’il qualifie de « solidarité africaine », le royaume a accepté d'accueillir des matches de qualification de la Guinée, pays touché par la maladie Ebola, matches délocalisés sur décision de la CAF. Justement, une rencontre du Syli national de Guinée s’est jouée face à la sélection du Ghana le samedi 11 octobre, à Casablanca. Score : 1 – 1.

Au cas où la CAF accédait à cette demande du Royaume du Maroc, le pays avait-il un  « plan B » ? Une éventualité qui n’est pas à explorer surtout que la CAF a déclaré qu’« qu’aucun changement n’est à l’ordre du jour … » !

Ibrahima Sory Yansané pour Conakryonline.com

Top Top