CENI : Louncény Camara et contestations, le silence brisé

Le peuple de Guinée, à tous les niveaux, pensait plus que jamais regarder dans le rétroviseur, le tôlée qui a existé tout autour de l’institution chargée d’organiser les élections en Guinée, la commission électorale nationale indépendante (CENI), notamment, lors de la dernière présidentielle en faveur de laquelle, a été élu le Président Alpha Condé. Décidemment, c’était trop beau pour y croire. Il fallait attendre le 3 août dernier, pour que les agitations commencent par-ci par-là. Suite à l’élection de Louncény Camara à la présidence de ladite institution, jusque là, assurait l’intérim du général malien Siaka Sangaré, les voix se sont levées pour dénoncer cette attitude de la CENI, et en même temps, contester l’élection et la personne de M. Loucény Camara. Le droit de réponse étant, le nouvel élu à juger nécessaire et utile de briser enfin le silence, qu’il avait jusque là, utilisé comme arme.

Invité dans une des émissions sur l’une des stations privées de la place, le nouveau
Président de la CENI, Louncény Camara, décide de sortir de son mutisme, qui a
demeuré depuis son élection à la tête de cette institution, notamment, par
rapport aux multitudes voix qui se sont levées pour dénoncer et contester
ladite élection, mais aussi, et surtout sa personne.

Tout en estimant que son élection à la tête de la CENI s’était passée dans les
règles de l’art, conformément aux lois qui régissent le fonctionnement de cette
institution, M. Camara, pense plutôt que, ces agissements sont dus au fait qu’en
Guinée, l’intérêt personnel prime le plus souvent sur le général. Selon ses
explications, il laisse entendre que d’aucuns brandissent la ‘’loi’’, lorsqu’ils
sentent leurs intérêts menacés ; mais par contre, piétine cette même loi,
lorsqu’il s’agirait là, d’aller à l’encontre de leurs intérêts : «…certaines
personnes appliquent la loi si ça leur arrange et la rejettent si ce n'est pas
le cas… Â», dira-t-il.     

 
L’on se rappelle, le collectif des partis politiques, composé entres autres des ténors
de l’opposition guinéenne : l’UFDG de Cellou Dalein, l’UFR de Sidya Touré,
et tant d’autres, le lendemain même de l’élection de Louncény Camara à la tête
de la CENI, le jeudi 4 août 2011, avait fait une déclaration, pour dénoncer,
contester, et qualifier ladite élection de « nulle et de nuls effets Â».

Entre autres raisons évoquées, le collectif estime qu’à l’issue de l’élection
présidentielle de 2010, l’unanimité s’est dégagée sur un certain nombre de
faiblesses organisationnelles de la CENI ayant entrainé un dysfonctionnement d’ordre
structurel en son sein, mais aussi,  l’élection
par la CENI de façon précipitée, de son nouveau Président, Louncény Camara. Qui
selon le collectif, est une personnalité très ‘’controversée et décriée’’ par
une bonne partie de la classe politique guinéenne.

Par ailleurs, le deuxième vice-président et ancien directeur de campagne de l’UFDG,
Dr Oussou Fofana, lors de l’assemblée générale du parti le week-end dernier, a
affirmé : «…nous n’accepterons pas que les membres de la CENI actuelle qui
se sont rendus coupables de nombreux dysfonctionnements et actes répréhensibles,
soient reconduis dans la nouvelle CENI…comme il est hors de question que
Louncény Camara dirige la CENI…» 

Sur ce, le nouvel Président Louncény Camara, dira sans hésiter, que la CENI est une
institution « indépendante Â». C’est à ce titre, ajoutera-t-il, que
l'instance dirigeante de cette institution a convoqué une élection  à l'interne pour élire un nouveau président.

En outre, une façon peut être pour lui de répondre au collectif, il tient à
préciser : Â« Ceux qui pensent que ma personne pose problème,
c'est leur problème, ça n'engage qu'eux… Â», avant de déclarer par la suite :
« je n'ai pas besoins de l'avis d'un leader politique pour me porter
candidat, c'est la loi qui a été respectée.»

En tous les cas, une chose apparait évidente. Apparemment, la guéguerre interne
qui a été à la base de la décrédibilisation de la CENI, semble s’effacée. L’élection
s’étant passée en présence effective des vingt cinq membres qui constituent l’institution
chargée de l’organisation des élections en Guinée (CENI).

 

Rouguiatou Bah pour Conakryonline.com

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