Discours du Président Alpha Condé à la Réunion de haut niveau sur la fièvre Ebola

En marge des travaux de la 69ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York, s’est tenue une réunion de haut niveau sur la fièvre hémorragique à virus Ebola qui sévit actuellement dans certains pays d’Afrique dont les trois du bec du perroquet : Guinée, Libéria et Sierra Leone. Placée sous la présidence du Secrétaire général de l’ONU, cette rencontre est une autre expression de la détermination de la communauté internationale à venir à bout de l'épidémie qui a déjà fait plus de 2 000 morts, rien que dans ces trois (3) pays.

A l’occasion donc, de la tenue de cette réunion de haut niveau, le Pr. Alpha Condé, en sa qualité de Président en exercice de la Mano River Union a adressé le message de la Guinée et de ses pairs des pays affectés par le virus Ebola à la communauté internationale.

Il faut rappeler que le Chef de l’Etat guinéen avait déjà été mandaté par ses homologues de l’Union du Fleuve Mano lors du sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de cet espace géographique consacré à la fièvre Ebola, le 1er août 2014 de porter leur message : « Les Chefs d’Etat et de Gouvernement mandatent le Professeur Alpha Condé, Président de la République de Guinée, Président en Exercice de l’Union du Fleuve Mano, à porter le message de l’Union relatif à la Fièvre Ebola au Sommet des dirigeants des Etats-Unis d’Amérique/Afrique devant se tenir les 5 et 6 août 2014 à Washington DC ».

C’est poursuivant cette mission qu’Alpha Condé a livré cet autre message, lors de la rencontre de New York  et que vous propose Conakryonline :

« Je voudrais tout d'abord, en ma qualité de Président de l'Union du Fleuve Mano, exprimer notre sincère gratitude au Secrétaire général, Mr. Ban Ki-Moon, pour sa détermination dans le combat que mène la communauté internationale pour venir à bout de l'épidémie hémorragique à virus Ebola qui affecte trois des États membres de l'Union, à savoir le Libéria, la Sierra Leone et la Guinée.

Cette session de haut niveau est une manifestation éloquente de son dynamisme pour soutenir les efforts de nos trois peuples au destin solidaire, plus que jamais mobilisés pour relever l’un des défis majeurs qui se dressent dans leur marche vers le progrès.

En effet, comme vous le savez, nos trois États sortent d'une longue période de crise interne qui a justifié leur inscription à l'agenda de la Commission de consolidation de la paix.

Vous comprendrez donc l'urgence d’une riposte vigoureuse, urgente et immédiate afin d’éradiquer cette effroyable épidémie qui sème la mort et la désolation tout en compromettant les acquis de nos Etats dans le cadre de la création d’un environnement de paix, de stabilité et de développement durable. Car il s’agit bien d’une question de sécurité collective qui appelle une approche globale et coordonnée.

Le Conseil de sécurité, dans un élan historique, a, au terme d’une session d'urgence sur cette question cruciale, considéré l'épidémie comme une menace à la paix et à la sécurité internationales. La résolution adoptée à l'unanimité des États membres du Conseil avec le co-parrainage de plus de 130 membres des Nations Unies, s’inscrit dans cette dynamique.

Par ailleurs, mon Gouvernement a vivement accueilli l'adoption unanime de la résolution A/69/L.2, à l’initiative de notre Secrétaire général et qui autorise le déploiement de la Mission des Nations Unies pour l'Action d'Urgence contre Ebola.

Nonobstant ces efforts louables, des besoins pressants s’imposent à nos pays pour davantage impulser leur action dans la maîtrise de cette effroyable maladie aux conséquences économiques, sociales et humanitaires qui impactent négativement sur la croissance, l’intégration et la stabilité de la sous-région.

Il va sans dire que le renforcement des infrastructures et des systèmes de santé des trois Etats s’avère indispensable.

Il en va de même du personnel sanitaire dont l’accroissement, la disponibilité et la compétence, demeurent garants du succès de notre lutte commune.

Je ne saurais occulter l’assistance financière, matérielle et logistique dont le déficit inhibe nos efforts.

Toutefois, la Guinée a déjà adopté des mesures énergiques aussi bien pour la prise en charge des malades que la prévention, notamment à travers une large sensibilisation des populations.

Il faut isoler Ebola, et non les pays affectés.

Je renouvelle mes remerciements à l’ensemble de la communauté internationale ainsi qu’aux partenaires bi et multilatéraux qui nous accompagnent dans ce difficile combat, et leur donner l’assurance que toutes les mesures seront prises pour assurer une transparence rigoureuse dans la gestion de l’aide reçue dans le cadre de la riposte à l’épidémie à virus Ebola.

Je vous remercie ».

 

Bangaly Sylla, pour Conakryonline.com

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