Ebola : La DG du CHU de Donka échappe à un assassinat

Tous les Guinéens ont été unanimes à saluer la récente visite du président François Hollande à Conakry. Une visite au cours de laquelle le numéro Un de l’Hexagone a rappelé les différents apports de son pays et de l’Union Européenne dans la riposte à la maladie à virus Ebola en Guinée et dans les autres pays du bec du perroquet : Libéria et Sierra-Leone.   Le chef de l’Etat français avait aussi annoncé la décision de Paris de dégager dans l’ensemble, une enveloppe de 100 millions d’euros. Un pactole, pour les non-initiés, qui ne devrait être géré que par la directrice générale de l’hôpital national de Donka, serait-on tenté d’imaginer.

Et, puisque l’hôte de marque, à peine débarqué vendredi, 28 septembre à Conakry ne s’est dirigé qu’à l’hôpital Donka, en compagnie du président Alpha Condé, le rapprochement était vite fait que "la mallette magique" a dû être remise à la patronne des lieux, Hadja Fatou Sikhé Camara. (Sur l’image, le président Hollande se prête à l’exercice de désinfection de ses mains par la directrice générale de l’hôpital).  

La visite du centre de traitement et la séance de travail qui y ont lieu sont finalement passées inaperçues aux yeux de ceux-là qui ne tarderont plus à se mettre en embuscade, contre la bonne dame.

Le sinistre film se jouera le  samedi, 29 novembre, vers 20 heures TU à proximité de la résidence (curieusement) du Premier ministre, Mohamed Saïd Fofana ; alors que la directrice générale revenait du boulot. Passage obligé. Car, ce domicile pour ceux le connaissent, n’est pas loin de celui du père de Dr Fatou Sikhé, fille de feu Dr Sikhé, ancien ministre et ancien Conseiller du général Lansana Conté.

Elle est donc passée chez "le vieux", chercher certains de ses frères et sœurs et continuer chez elle, encore non loin de là, à Landréah. Nous sommes dans la commune de Dixinn. Elle était à mille lieues d’imaginer la mésaventure qu’elle allait vivre après une journée harassante, par ces temps de gestion de l’épidémie d’Ebola. Surtout qu’elle a un centre de traitement de cette pathologie dans l’enceinte de l’hôpital qu’elle dirige.

Alors que le chauffeur venait de garer et entrer (à pied) dans la cour, chercher les jeunes, sa patronne elle, attendait dans la voiture. Subitement, elle sera braquée par trois (3) colosses qui n’ont pas tardé à prendre place dans le bolide. Le premier, derrière le volant. Et, les deux autres ont encadré la dame. Ils sortent une seule phrase de la bouche : « Nous sommes venus te tuer Â». Elle ne pouvait pas crier et que l’on l’entende dans la cour. Tout le monde sait qu’elle a une voix cassée.  

Heureusement que notre Hadja est forte. La bagarre aussitôt engagée avec les assaillants sans foi ni loi, va retarder la sale besogne des deux qui étaient avec la dame alors que le premier cherchait, en vain, à démarrer la voiture. Le chauffeur, par la force du destin, était descendu avec la clé.

Finalement, la DG va tenter de calmer leur ardeur en sortant du sou qui se trouvait dans son sac afin de sauver sa vie. Niet. Les agresseurs refusent et, avec cynisme, ils lâchent : « Ce n’est pas une affaire d’argent. Nous sommes venus te tuer ! Â»

C’est sur ces entrefaites que le portail de la cour va de nouveau s’ouvrir. Hadja Fatou Sikhé qui était toute en sueur (véritable bataille rangée !) aura du baume sur le cÅ“ur. Car, c’étaient le chauffeur, les jeunes qu’il est entré chercher et d’autres parents venus saluer Hadja Fatou Sikhé qui aideront à la sauver des "griffes" de ces fauves. Deux des agresseurs réussiront à prendre la poudre d’escampette à bord de la voiture qui les transportait tandis que le troisième qui cherchait à démarrer la voiture de Hadja sera neutralisé. Son argument : « Moi, j’étais de passage. Je suis venu prêter main forte à madame, c’est tout … Â»

Des propos pas du tout convaincants. Il a été maîtrisé et conduit à l'escadron mobile de la gendarmerie N°3 de Matam.

Hadja Fatou Sikhé Camara, l’amie de la presse, s’en est sortie avec des ecchymoses. En attendant la suite de l’enquête, la directrice générale observe un repos médical à la maison.

Bangaly Sylla pour Conakryonline.com

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