Et si ce n’était que rumeur : Bouba Sampil revendiquerait la paternité du "Nimba" !

C’est une expression d’indignation que je viens de lire. En effet, un citoyen guinéen s’insurge du fait que le "patron" du Hafia Football Club, « Bouba Sampil aurait déposé le nom "NIMBA" à l’Organisation Internationale de la Propriété Intellectuelle à Genève comme "propriété privée"».

Présenté comme un « symbole culturel », le masque "NIMBA" est une propriété de la République de Guinée et enregistrée comme telle. Pourrait-il avoir un autre "fou" sur cette terre pour dire ou présenter ce patrimoine comme étant "sa chose" ? Non, mettons cette nouvelle sur le compte d’une simple rumeur.

Le NIMBA, symbole de la fécondité de l’art baga est exclusivement guinéen, encore une fois ! On comprend dès lors l’indignation de ce citoyen qui crie à haute voix sa « forte colère ». Alors, si c’est une blague, « Il faut que cela cesse définitivement », conseille-t-il.

La colère du compatriote le pousse à inviter les « autorités guinéennes de poursuivre le sieur Bouba Sampil qui cherche malhonnêtement à détourner le symbole en chef de la culture guinéenne "le NIMBA" ».

Et de demander « à tous ceux qui aiment la Guinée et les femmes et hommes de culture en particulier, de se réveiller et de s’inspirer du fait que la seule exception qui a été acceptée de tous dans la formation de l’Union européenne a été l’exception culturelle car, quand l’Homme perd tout, c’est sa culture qui lui reste ».

Comme quoi, martèle-t-il, « Détourner un patrimoine culturel en le gardant pour soi est pire que les milliards de deniers publics détournés par des fossoyeurs économiques ».

Après enquête, il ressort que c’est le fait d’avoir une société du nom de "Nimba Mining" que Bouba Sampil aurait tenté cette "aventure" ou blague de mauvais goût.

Alors, si ce n’est que simple rumeur, « Il faut que cela cesse définitivement », pour reprendre ce compatriote en colère. Point question que nous acceptions, nous Guinéens, « de sacrifier et détruire nos valeurs culturelles, notre NIMBA NATIONAL ».

En mettant en évidence en 1926 la pureté des lignes de la sculpture, l’américain Man Ray va déclarer : « Ce masque incarne un idéal féminin évoqué par les seins de la femme nourricière. Le bec du calao symbolise la fertilité, la croissance et la fécondité. Plus largement, nimba protège les fondements de la communauté en intervenant lors des cycles agricoles importants (semailles, récoltes), des mariages ou encore des funérailles ».

Et, d’après certaines sources, en 1960, un "Nimba" avait été offert par le premier Président guinéen Ahmed Sékou Touré. Ce masque qui a été exposé lors d’une foire à Tokyo eut le premier prix de cette rencontre internationale, photographié, filmé et publié dans tous les journaux.

Mohamed Diawara pour Conakryonline

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