Fièvre Ebola : Sommet extraordinaire de la Mano River Union

Un sommet extraordinaire s’est tenu le vendredi, 1er août 2014 à Conakry sur la fièvre hémorragique à virus Ebola qui sévit dans trois des quatre pays de l’espace Mano River Union. Ces pays sont la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone.   Cette rencontre a été convoquée sur initiative du Président Alpha Condé qui assure la présidence en exercice de l’Union et a enregistré la présence de la Directrice générale de l’OMS, Dr Margaret Chan. Les trois pays étaient représentés par leurs Chefs d’Etat. Quant à la Côte d’Ivoire, c’est la Ministre de la Santé et de la lutte contre le SIDA, Dr Raymonde Goudou Coffie qui a répondu au nom de son Président, Alassane Ouattara.

Avec les partenaires au développement ainsi que les experts de l’OMS, il a été passé « en revue la situation de l’épidémie Ebola et adopter des stratégies communes en vue de la riposte dans la Sous-région ».  

Voici les mesures qui ont découlé de ce Sommet extraordinaire :

« 1.      Nous, Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union du Fleuve Mano, décidons de prendre des mesures pour mettre fin à la propagation d’Ebola dans nos Etats-membres. Nous voudrions exprimer notre gratitude à l’endroit du personnel de santé et des experts dans nos pays respectifs qui ont contribué à la lutte contre Ebola.

2.         Nous convenons de prendre des mesures importantes et spéciales au niveau inter-pays pour nous concentrer sur les régions transfrontalières qui ont plus de 70% de l’épidémie. Ces régions seront isolées par la police et l’armée. Les populations habitant dans ces régions, étant isolées, bénéficieront du soutien matériel.  Les services de santé de ces zones seront renforcés pour assurer le traitement, le test et le suivi de contacts de manière efficace.

3.         Nous convenons d’offrir des primes de motivation au personnel de santé ainsi que le traitement et la protection afin de leur permettre de reprendre leur travail. Nous assurerons la sécurité et la protection de tout le personnel national et international impliqué dans la lutte contre Ebola.

4.         Les Etats-membres peuvent envisager des mesures de restriction de circulation des personnes et interdire, de manière appropriée, les regroupements de masse.

5.         Ebola est un problème international qui mérite une réponse internationale. C’est pourquoi nous, Chefs d’Etat, nous engageons à jouer notre rôle pour mettre fin à la progression d’Ebola dans les meilleurs délais. A cette fin, la Communauté internationale  appuiera les Etats-membres en vue de renforcer les capacités pour la surveillance, le suivi de contacts, la gestion des cas et les capacités des laboratoires.

6.         Nous, Chefs d’Etat, voulons assurer la Communauté internationale que la maladie ne va pas être exportée. Nous assurons la Communauté internationale, que nous avons pris des mesures au niveau des ports internationaux d’entrée. Les contacts et les personnes sous surveillance seront listés et les informations seront fournies à chaque Etat-membre pour que ces personnes ne puissent pas voyager hors de leurs pays respectifs jusqu’à la levée de la restriction.

7.         Nous apprécions également le soutien des Organisations internationales et des ONG’s mais, nous leur demandons de travailler dans le cadre de nos plans nationaux. La communication devra être transparente et coordonnée en utilisant les structures qui ont été établies au sein de chaque Etat-membre. Nous, Etats-membres, devront être transparents dans la manière d’utiliser nos ressources en vue d’atteindre des résultats et nous demandons que tous les partenaires soient transparents et responsables ».

Aussi, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union s’engagent-ils à prendre les mesures suivantes :

 «      I.            Aux Etats-membres

1.         Mobiliser les secteurs publics et privés (Autorités communautaires, religieuses, politiques etc.) pour qu’ils travaillent en synergie d’actions afin d’accroître la sensibilisation pour la compréhension de l’épidémie Ebola par les communautés, pour une réponse plus efficace et effective.

2.         Impliquer tous les secteurs dans la mise œuvre immédiate des interventions définies dans les plans nationaux de riposte contre l’épidémie ;

3.         Harmoniser et coordonner les mesures de lutte contre l’épidémie par les différents Etats-membres ;

4.         Se consulter avant de prendre des décisions et des déclarations importantes liées à Ebola ;

5.         Déployer des ressources humaines nationales et internationales ayant les compétences requises pour renforcer la lutte ;

6.         Mobiliser et allouer des ressources financières adéquates pour une riposte à l’épidémie ;

7.         Renforcer la surveillance des mouvements transfrontaliers à travers les échanges d’informations sur le contrôle rigoureux des passagers.

8.         Renforcer les capacités des Etats-membres pour la surveillance, la recherche des cas et le suivi des contacts ainsi que les échanges d’informations sur l’épidémie Ebola avec l’OMS, le CDC, MSF, l’UNICEF, l’UNFPA et les autres partenaires en temps réel.

9.         Améliorer le système d’information en faveur des communautés sur les questions relatives à l’épidémie Ebola afin de renforcer la sensibilisation et promouvoir la participation communautaire dans les interventions de prise en charge, de prévention et promotion de la santé en respectant les contextes culturels

10.       Améliorer la prévention et contrôle des infections dans les centres de santé pour empêcher le personnel de santé de mourir en cas de la récurrence de la maladie.

11.       Mettre en place un système de suivi et d’évaluation des stratégies régionales et faire des recherches sur la maladie.

12.       Echanger les expériences et partager les ressources dans la Sous-régions

II- Aux partenaires

Fournir l’assistance technique, financière et matérielle nécessaires pour soutenir les interventions de riposte à l’épidémie Ebola dans les Etats-membres touchés, et les activités de préparation dans les Etats-membres à risque ».

Par ailleurs, « les Chefs d’Etat et de Gouvernement remercient sincèrement les partenaires au développement et la Communauté internationale pour leur soutien à la maitrise  de cette maladie ». Ils « remercient la Directrice générale de l’OMS et le Directeur Régional de l’OMS pour l’Afrique, pour leur soutien aux efforts des Gouvernements de l’Union ». Ils « félicitent et encouragent Madame l’Ambassadeur, Secrétaire  Générale de l’Union Fleuve Mano, Dr Kaba Hadja Saran Daraba et son équipe pour les efforts qu’elle ne cesse de déployer dans la lutte contre cette maladie ».

Pour conclure, « Les Chefs d’Etat et de Gouvernement mandatent le Professeur Alpha Condé, Président de la République de Guinée, Président  en Exercice de l’Union du Fleuve Mano, à porter le message de l’Union relatif à la Fièvre Ebola au Sommet des dirigeants des Etats-Unis d’Amérique/Afrique devant se tenir les 5 et 6 août 2014 à Washington DC ».

Mohamed Diawara, pour Conakryonline.com

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