Le Président de l’Assemblée nationale interpelle à la fois, députés et Exécutif

La Constitution prévoit deux (2) sessions annuelles de la Représentation nationale. Une recommandation contenue dans l’article 68 : « L’Assemblée Nationale se réunit de plein droit en session ordinaire deux fois par an : la première session s’ouvre le 5 Avril, sa durée ne peut excéder quatre vingt dix (90) jours ; la deuxième session s’ouvre le 05 octobre, sa durée ne peut excéder quatre vingt dix (90) jours. Si le 5 Avril ou le 5 octobre est un jour férié, l’ouverture de la session aura lieu le premier jour ouvrable qui suit ». C’est ce qui explique que la session de 2014 se soit tenue après le 5 octobre, dimanche, et le jour suivant, lundi 6, férié.

Le Président de l’Assemblée nationale a axé son discours sur trois (3) axes : le contexte économique de la tenue de cette session ; rappel du rôle et ce qui devrait être le comportement ou le langage d’un député face aux institutions, dans leur ensemble et enfin, l’invite de l’Exécutif à accélérer la mise en place des Institutions prévues par la Constitution et qui sont attendues depuis six (6) mois après l’ouverture de la présente législature.

Parlant du contexte de la tenue de la présente session qui doit plancher sur la loi de Finances initiale 2015, Claude Kory Kondiano a souligné qu’elle « démarre dans un contexte particulier de crise économique et sanitaire [épidémie de la fièvre hémorragique à virus Ebola ; NDLR] que connait notre pays depuis maintenant près d’une année et dont les conséquences influencent négativement toutes bonnes actions engagées par le Gouvernement pour la relance de l’économie Guinéenne » et de relever que « Le déficit budgétaire causé par l’épidémie Ebola est estimé à plusieurs millions de dollars ».

Abordant le comportement qui devrait être celui du député, le patron du Législatif a regretté que si, « … presque tous les Honorables Députés ont, chacun, une idée très claire sur le rôle que le peuple dont nous sommes les représentants, nous demande de jouer en son nom durant notre mandat, un certain nombre d’entre nous naviguent à contre courant de cette volonté. En effet, avec leurs déclarations incendiaires, ils se livrent à la diffamation, à des injures, à l’incitation à la haine, et au soulèvement, j’en passe ».

C’est pour cela, dira-t-il, « Face à ces comportements qui n’honorent pas les intéressés et qui ne font que ternir l’image de notre Institution, je vous invite, Chers collègues, à réfléchir ensemble pour trouver une solution à ce lancinant problème. Cela d’autant plus que les victimes de leurs agissements  se trouvent, non seulement parmi les Députés, mais aussi les Ministres, voire le Président de la République ».

D’autre part, il a interpellé l’Exécutif sur deux fronts. Un premier, sur le laxisme face à l’exécution des lois, ce qui fait aujourd’hui, le lit de l’impunité : « C’est le lieu, pour moi, d’attirer l’attention du Pouvoir Exécutif sur le fait que les fonctions de Président de la République, de Président de l’Assemblée Nationale, de Représentants du Peuple et de Ministre de la République sont des fonctions protégées par la loi. Pourquoi donc la justice reste-t-elle toujours indifférente dans notre pays face à la violation de la loi dans ce domaine, alors que dans tous les pays du monde, le Procureur Général est très vigilant et toujours prêt à intervenir dès que les Institutions sont bafouées. Ici, il est inaudible, comme si la fonction était inexistante dans la hiérarchie judiciaire dans notre pays ».

Dans un second temps, c’est sa préoccupation au regard de la non installation des Institutions constitutionnelles qui se font toujours attendre alors qu’à date, elles devraient être installées : « Je ne terminerai pas mon intervention sans attirer votre attention, Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement sur le fait que le Peuple ne comprend toujours pas quelles sont les raisons qui ont, jusqu’ici, empêché l’installation des institutions constitutionnelles que sont la Cour Constitutionnelle, la Haute Autorité de la Communication et l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains ».

Et de marteler, « Quelles que soient les raisons qui justifieraient ce retard, l’Assemblée Nationale exhorte le Gouvernement à formuler les projets d’amendements des lois organiques relatives auxdites Institutions et à les lui déposer pour examen et adoption ».

Auparavant, le Président de l’Assemblée nationale avait invité « au remboursement des déposants » de la Banque Africaine de Développement Agricole et Minier (BADAM) : « Il est donc urgent de procéder au remboursement des déposants de cette banque. Cela d’autant plus qu’il y a des précédents à travers le monde et même dans notre pays avec les déposants des anciennes banques d’Etat, du Crédit Mutuel de Guinée et de la BIAG, qui furent remboursés »

Ancien cadre de la Banque Centrale de la République de Guinée où il a presque gravi tous les échelons, Claude Kory Kondiano sait à qui s’adresser en pareille circonstance : « A Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie et des Finances et à Monsieur le Gouverneur de la Banque Centrale, je dois rappeler que le dossier de la BADAM est un dossier très sensible dans la mesure où ses implications économiques, sociales et politiques peuvent être dévastatrices pour les déposants et l’économie du pays, tout comme elles peuvent l’être sur le plan politique ».

Ibrahima Sory Yansané pour Conakryonline.com

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