D’après lui, « Lesdites devises étaient prévues pour prendre place à bord de l’avion de ligne régulière de la compagnie dubaïote Emirates, qui relie la capitale sénégalaise à la ville-mirage du Moyen orient. L’ennui est que ces devises n’étaient pas déclarées à l’entrée, et forcément, pas non plus à la sortie du territoire. Et leur transport ne répondait pas aux normes internationales en matière de transfert des devises. C’est ainsi que les gabelous sénégalais ont décidé de confisquer et les montants et l’aéronef qui a servi à leur transport. Et ils ont avisé leur hiérarchie ».
Plus loin, l’auteur d’estimer que « par acquis de conscience, les autorités sénégalaises ont demandé à leurs homologues guinéens si elles étaient informées du voyage de l’avion et du contenu de sa soute. Grande a donc été leur surprise d’apprendre que non seulement les autorités guinéennes étaient bien informées du déplacement de l’avion, mais que mieux, c’est elles-mêmes qui l’avaient affrété ».
C’est ainsi, sans autre forme de procès, il soutient (même s’il utilise le conditionnel), que « l’ordre aurait même été donné au plus haut niveau, depuis la présidence de la République. C’est ainsi que les douaniers sénégalais n’ont pu que, la mort dans l’âme, assister à l’embarquement des 4 milliards de francs Cfa en devises, pour Dubaï ».
D’autre part, il rapporte que « Les Guinéens ont expliqué que, du fait de la suspension par Emirates de son escale de Conakry, à cause d’Ebola (toujours !), ils sont obligés, pour envoyer de l’argent dans ce pays, de se rendre à Dakar, d’où ils peuvent prendre la correspondance pour les Emirats arabes unis », avant de conclure que l’acte peut« très logiquement s’interpréter comme un trafic des devises ».
La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) vient de réagir à cet article « en démentant avec la dernière énergie une telle affirmation » en affirmant qu’il s’agit d’« une opération propre à la Banque Centrale destinée à l’approvisionnement des comptes de correspondants pour couvrir les opérations de transfert des banques primaires qui constituent des dépôts physiques auprès d’elle à cet effet » et que « la question du transbordement à Dakar n’a été posée qu’en raison de la suspension des vols d’Emirates sur la Guinée » et que « Les fonds sont transportés, faut-il le rappeler, par la Compagnie Emirates ».
La Banque Centrale de la République de Guinée « de demander à son partenaire MSS de requérir du journal un droit de réponse en première page, avec à l’appui des excuses au Président de la République de Guinée. Faute de quoi MSS serait en droit d’engager des poursuites judiciaires contre l’organe de presse en question ».
Conakryonline propose, in extenso, la réaction de la BCRG :
« La Banque Centrale de la République de Guinée, en démentant avec la dernière énergie une telle affirmation, apporte dans ces lignes les précisions qui s’imposent.
Les fonds qui ont fait l’objet d’investigations, il y a deux semaines de la part des douanes Sénégalaises, sont et demeurent la propriété de la Banque Centrale de la République de Guinée.
Comme toutes les Banques Centrales, la BCRG procède de temps en temps, en fonction des demandes des banques primaires, à des expéditions de valeurs auprès de ses correspondants étrangers. Actuellement un contrat lie dans ce cadre la BCRG à la Société MSS LLC, une filiale de la société de transport international de valeurs, Brink’s en l’occurrence.
Les fonds sont transportés, faut-il le rappeler, par la Compagnie Emirates. En raison de la deuxième suspension de vols d’Emirates sur la Guinée due à la recrudescence de la fièvre hémorragique à virus Ebola en Sierra Léone et au Libéria,la Société MSS LLC a affrété, le 8 août 2014, un vol spécial pour récupérer les fonds à Conakry en vue d’un transbordement sur Emirates à Dakar, et ce, après toutes les formalités douanières sur place. Il convient de rappeler qu’avant l’expédition, la Société MSS a pris l’attache de la subdivision des douanes de l’Aéroport de Dakar pour information.
C’est justement lors de ce transbordement qu’un fonctionnaire des Douanes de l’Aéroport de Dakar a hâtivement porté l’opération à la connaissance du Ministre Sénégalais de l’Economie et des Finances.
Informé de la situation, le Gouverneur de la BCRG, M. Louncény Nabé, a immédiatement pris contact avec le Ministre Délégué au Budget, puis avec le Ministre de l’Economie et des Finances du Sénégal, lesquels, après avoir regretté l’incident, ont donné les instructions nécessaires pour résoudre le problème. Le Ministre Sénégalais de l’Economie et des Finances aurait pris soin auparavant de demander l’avis de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), qui, il faut le signaler, procède très souvent à des opérations similaires, bien sûr de plus grande ampleur.
Comme on peut le comprendre, cette opération ne concerne ni le Président de la République [de Guinée, Alpha Condé, comme indiqué dans l’article des confrères sénégalais ; NDLR], ni aucune autre Autorité politique ou administrative du pays. C’est une opération propre à la Banque Centrale destinée à l’approvisionnement des comptes de correspondants pour couvrir les opérations de transfert des banques primaires qui constituent des dépôts physiques auprès d’elle à cet effet. La question a été clarifiée par le Gouverneur avec les Autorités compétentes de la République du Sénégal sans aucune autre intervention.
Pour finir, il n’est pas superflu de préciser que la question du transbordement à Dakar n’a été posée qu’en raison de la suspension des vols d’Emirates sur la Guinée.
La Banque Centrale se propose de demander à son partenaire MSS de requérir du journal un droit de réponse en première page, avec à l’appui des excuses au Président de la République de Guinée. Faute de quoi MSS serait en droit d’engager des poursuites judiciaires contre l’organe de presse en question.
On peut trouver ci-joint, les dossiers administratifs y afférent.
La Banque Centrale ».
Mohamed Diawara, pour Conakryonline.com