LIBRE OPINION: La jeunesse guinéenne, handicapée dans la marche vers son avenir

En Guinée, comme ailleurs, la jeunesse a toujours été considérée comme l’avenir d’une nation. Un leader d’opinion ne se demandait-il pas un jour « à quand la jeunesse responsable d’une nation ? » Dans ma chère Guinée, le sort de cette jeunesse ne va-t-il de beauté en laideur ? De conscience en inconscience ? De responsabilité en irresponsabilité ?

Autant d’interrogations suscitent en nous la curiosité de jeter un coup d’œil sur le chemin de notre Guinée.

 

Depuis le Non historique de Ahmed Sékou Touré ou plutôt du vaillant peuple de Guinée du 28 septembre 1958, en passant par les soldats libéraux, libéralistes et démocrates, aujourd’hui, un intello, professeur de droit  censé connaitre les droits et les devoirs du citoyen est le capitaine du bateau.

 

A ce je comprenne, la jeunesse est caractérisée pare l’apprentissage, apprentissage à l’école, des métiers, de la sagesse, du leadership, de la  responsabilité qui sont autant de qualités.

 

Aujourd’hui, cette rétrospection nous nous apprend que le régime dictatorial du feu Ahmed Sékou Touré s’est servi de sa dictature pour contraindre sa jeunesse à acquérir ces qualités et vertus susmentionnées.

 

A tous les fronts, cette jeunesse était présente, même si quelque part, sa liberté était restreinte.

 

N’a-t-on pas vu des promoteurs de la culture guinéenne et africaine ?

 

N’a-t-on pas vu ici nos universités nationales vendre avec fierté des compétences jeunes à l’Afrique et au monde ?

 

Combien de ceux qui nous gouvernent, aujourd’hui, ne sont pas produits de l’enseignement et de l’éducation guinéenne. Que sont-ils en train de nous laisser comme héritage ?

 

A leur arrivée, le 03 Avril 1984, je veux parler de l’armée voulant ou pensant en train de séduire et émanciper la jeunesse.

 

Au lieu de l’encadrer, ils l’ont libertinée.

 

Au lieu de l’instruire, ils lui ont cultivé l’analphabétisme.

 

Au lieu de lui faire les sacrifices, ils l’ont sacrifiée, bef, ils l’ont abandonnée à son sort au nom de la fameuse liberté.

 

Avaient-ils ignoré ces huit fameux petits mots “la jeunesse est l’avenir de la nation“ ?

 

Aujourd’hui, cette jeunesse héritière de ce libertinage n’est elle pas réfractaire à tout sérieux vraiment sérieux ?

 

A quand la prise de conscience pour cette jeunesse ?

 

Lorsque son école n’est plus qu’un simple bâtiment, la meilleure école ne se résume qu’à son infrastructure sans souci de la qualité, de son enseignement. Mon école primaire et sous la roulette de Galema Guilavogui a signé le mouvement d’ensemble. Plus d’échec, même pour un sourd-muet. Mamadou et Bineta, livre unique de français, J. Auriol que sais-je encore, sont remplacés, aujourd’hui, par la nouveauté mondaine contribuant à la non maîtrise de la langue du colonisateur encore moins celle de nos pères.

 

A quel niveau d’élaboration d’une stratégie d’enseignement des langues nationales « new version » se trouve le ministère de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationalement nationales ? Sans chercher à savoir les besoins pressants de notre  pays, l’enseignement de certaines disciplines persiste encore dans nos universités. Sciences du langage, philosophie pour ne citer que celles-là. Si elles sont d’une importance capitale pour le développement de notre  nation, alors tenant de cette idéologie, veuillez nous dire quels sont les débouchés professionnels possibles de ces disciplinés.

 

Examens nationaux, quelle honte nationale pour l’école guinéenne, chapeau pour le ministre de l’enseignement pré universitaire et de l’éducation civique pour son combat contre les sorciers des examens nationaux. Paix à l’âme du commandant de la gendarmerie de Kérouané tombé sous la prétendue balle du mouvement des candidats révoltés pour la  simple raison que le DPE ait conseillé une sélection des candidats aux différents examens. Pourquoi se leurrer en présentant cent candidats aux différents examens, lorsque nous savons, pertinemment, qu’il n’y a que 30 vrais candidats.

 

 

Ils sont arrivés en 2008, avec le système LMD. Pourquoi en faire vraiment ?

 

Lorsque nos universités sont en manque criard de documents, pas des bibliothèques dignes de nom, cyber ! L’électricité est une denrée rare pour le guinéen ; les ressources humaines compétentes ! Les Professeurs et les Docteurs sont détournés par les bureaux climatisés, la jeune génération ! Aucune politique du gouvernement pour a formation continue.

 

Education ! Celle de la rue n’a-t-elle pas remporté la médaille d’or sur ses adversaires ? Si non, le thug life, le street life, l’underground-guetto, l’alcool, la drogue l’abus du sexe sans tabou peuvent-ils faire de nous l’avenir de la nation ?

 

 

 

Puisque les politiciens ont compris notre légèreté, que les écoles et les universités sont devenues pour nous de simples lieux de promenades, de draguing et de défilé de mode. Ils nous utilisent à leur fin.

 

Pouvons-nous dire non à la manipulation des politiques, qui divisent et qui affaiblissent  pour régner ?

 

Restons à jamais présents sur le grand chantier de la transformation qualitative de la Guinée et combattons pour l’avènement d’une Guinée sincère, fraternité. Le changement n’est pas qu’un mot, en il ne doit l’être, demandons, œuvrons pour sa réalisation. C’est un défi ! Un politique disait « chaque adulte doit passer à la jeunesse son héritage culturel, afin que l’arbre de la science et du savoir s’enrichisse, chaque nouveau jour, de nouvelles branches qui favoriseront à leur l’abondance des fruits de plus en plus nourriciers, alors que ses racines s’encreront au plus profond du fait humain » De quoi avons-nous hérité ? Que passerons-nous à la jeunesse de deman ? Paresse ?

 

Manipulation ?

 

Division ? On peut être une Guinée malinké, Sosso, Peulh, Forestier, chacun dans son chacun ?

 

Encore un défi !

 



 

   David M.Camara 

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