L’Opposition républicaine menace, Alpha Condé rappelle à l’ordre

Après la sortie de l’opposition républicaine le mardi, 25 novembre, au cours de laquelle elle a menacé, « Si nos conditions ne sont pas prises en compte, nous dresserons une série de manifestations à partir du 15 décembre », le président de la République a animé une autre conférence de presse le lendemain, 26 novembre. Au cours de celle-là, Pr. Alpha Condé a, 2 heures durant, tenu en haleine les hommes et les femmes des médias. Tous les sujets ont été abordés par le locataire de Sèkhutureya qui n’a pas hésité à qualifier les opposants politiques de « rigolos » et de « nains ».

Abordant, justement, la question de la menace de manifestations projetées par les leaders du camp d’en-face, le chef de l’Etat a dit et redit : « la pagaille est terminée » en indexant l’Assemblée nationale comme lieu de discussion : « Si les députés veulent, ils n’ont qu’à aller discuter au parlement ».

Conakryonline propose la réaction du président Condé à la menace des leaders de l’opposition de recourir à la rue :« Pendant la période d’Ebola, je n’accepterai aucune manifestation : ni de la mouvance ni de l’opposition. Nous, nous avons reporté les festivités à Mamou à cause d’Ebola. Je n’accepterai pas.

Si la majorité veut manifester, je vais appliquer la loi anticasseurs et frapper. Si c’est l’opposition, je fais la même chose. Il n’est pas question que les gens fassent la pagaille. Je n’accepterai ni de la majorité présidentielle, ni de l’opposition.

Les gens sont au parlement. C’est au parlement qu’ils doivent discuter. Pourquoi, quand ils sont au parlement, on va utiliser la rue ? Je préviens tout le monde. La loi anti-casse, ce n’est pas moi qui l’ai faite. C’est vous qui l’avez faite contre moi. Hein ? Bon ! C’est une loi qui existe. On va l’appliquer. Vous savez que si vous avez convoqué une manifestation et qu’il y a des dégâts, c’est vous qui payez ! Jusqu’à présent, on ne l’a pas appliquée. Maintenant, on va l’appliquer. On va essayer de l’appliquer aussi, parce que la démocratie ne peut pas aller dans la pagaille.

Il y a le parlement. Si les députés veulent, ils n’ont qu’à aller discuter au parlement. Mais, je n’accepterai plus de pagaille ».

Par rapport aux offenses ou à tout autre cas d’outrage à sa personne, Alpha Condé avertit : « J’ai prévenu le procureur. Maintenant, quiconque m’insulte, on le poursuit. La loi dit, quand il y a injure au président, on doit être poursuivi. C’est moi qui refusais, avant. J’ai dit au procureur, "maintenant, allez-y !" Donc, je préviens tout le monde, quiconque me diffame ou m’insulte, le procureur va le poursuivre. Et, je n’interviendrai pas. Personne ne doit compter sur moi pour la grâce. S’il est condamné, il fera les 3 mois ou les 6 mois. Il faut que ça soit très clair. Maintenant, la pagaille-là, c’est fini. La démocratie ne veut pas dire la pagaille ».

Alpha Condé a aussi donné sa perception de la classe politique actuelle, notamment de l’opposition : « Et, puis celui qui crie-là, on va voir. Il saura qu’il y a un gouvernement ici, maintenant. Que l’on fasse fuir les investisseurs en mettant les gens dans la rue ! Et, si on fait la politique, ce sont les nains politiques. Je vous assure, ce sont les nains politiques. Vous [les journalistes] êtes plus politiques qu’eux. Des gens qui parlent économie, ils ne connaissent rien. Des petits comptables. On va démonter qu’ils ne connaissent rien ». Plus loin, il dira : « J’ai été 50 ans opposant avant eux. Quand j’étais en prison, n’étaient-ils pas au pouvoir ? Ils ont fait quoi ? Moi, je les connais ! J’ai fait 2 ans de prison, est-ce que ça m’a changé ? Ce sont ces petits rigolos qui s’agitaient pour me dire qu’eux, ils sont pour la démocratie. Non, … ».

M’Mah Soumah pour Conakryonline.com

Top Top