L’UFR répond à Ibrahima Abe Sylla de la NGR

Dans un récent article intitulé "Ibrahima Abe Sylla de la NGR parle et accuse", nous rapportions le contenu de l’interview qu’a récemment accordée à des confrères présents au Sommet Etats-Unis-Afrique de Washington, le leader de la NGR. Dans cet entretien, Ibrahima Abe Sylla a donné son point de vue sur l’actualité intérieure de la Guinée. Mais, il a aussi évoqué le blocage d’un de ses projets qu’il n’a pu réaliser en raison selon lui, de « la méconnaissance ou l’amateurisme politique des dirigeants » d’une certaine « époque » de la vie de notre pays. Un doigt accusateur sera pointé, dans ce sens, par cet homme peu disert de nature, sur un ancien Premier ministre, aujourd’hui dans l’opposition, Sidya Touré et Président de l’UFR.

Il n’en fallait pas plus donc, pour déclencher le courroux de la formation politique de ce dernier. La réaction de celle-ci s’est fait connaitre à travers un document signé de sa cellule de communication que vous propose Conakryonline :

« Dans une interview accordée aux medias guinéens depuis Washington, Abe Sylla, Président de la NGR accuse Sidya Touré d’avoir empêché la réalisation de son projet d’électrification de la Guinée en 1996 lorsque ce dernier était Premier ministre. Face à cette accusation mensongère, cousue de fil blanc, il est important de recadrer le sieur Ibrahima Abe Sylla et éclairer la lanterne des Guinéens.

M. Sidya Touré arrivé en Guinée en 1996 comme Premier Ministre, l’une de ses premières remarques a porté sur la pénurie d’électricité dans la Capitale Conakry et à l’intérieur du pays. La couverture en électricité de la Capitale se situait à moins de 30% et le besoin national s’élevait entre 200 à 250 MWT. A cette époque, le barrage Garafiri, en chantier, qui devait fournir 75 MWT et Tombo III 45 MWT n’étaient pas encore achevés. On ne pouvait donc pas attendre 4 ans pour Garafiri et un an et demi pour Tombo III. Face à cette situation, Sidya Touré, en homme averti, a décidé de mettre en place un programme d’urgence afin de parer, à court terme, à cette crise d’électricité dans la Capitale en produisant 15 MWT supplémentaire.

Pour ce faire, le Premier Ministre Sidya Touré qui avait promis du courant dans six mois à Conakry, a fait recours à un prêt financé par l’Agence Française de Développement (AFD), payé par la BICIGUI avec la garantie de la SAUR (Bouygues). C’est ainsi que le groupe Tombo IV fut acheté pour résoudre le besoin en électricité de la ville de Conakry. Après cet achat, sur instruction du Président Général Lansana Conté, le Cabinet international Anglais Lloyd fut recruté pour auditer le groupe Tombo IV. Et dans les conclusions de l’audit, le gouvernement d’alors a été félicité pour le coût d’achat de la machine par rapport à sa qualité (6 millions de Dollars US pour une production de 15 MWT).

Si aujourd’hui M. Ibrahima Abé Sylla annonce que le gouvernement de l’époque avait refusé un contrat BOT de 60 Mwt avec AIS ingeniering et ses partenaires alors que l’Etat était à la recherche de 200 MWT, et mieux, l’opération n’étant pas financée par lui, ceci est vraiment insensé. Ce qui est vrai, c’est qu’Abe Sylla et ses amis n’ont pas été capables de mobiliser le financement nécessaire pour leur projet. La raison est que l’Etat était même prêt à rechercher dans la sous-région l’électricité pour faire de l’interconnexion afin de combler le déficit en électricité.

Et comment pouvaient-ils faire une centrale à Manéah en 1996 pour raccorder le réseau de transport de la ligne de Garafiri quand on sait que ce barrage ne devait finir qu’en 2001 ?

En outre, il explique dans son interview qu’un tel projet avait pour ambition d’électrifier une bonne partie du pays. Mais, il oublie qu’au même moment, il existait bel et bien en Guinée la SOGEL (Société Guinéenne d’Electricité) qui gérait l’électricité du pays et dont les parts étaient détenues par des privés de droit étranger dont (SAUR, EDS, Hydro-Québec) et l’Etat Guinéen. Si Abe Sylla et ses amis étaient vraiment au sérieux, ils auraient plutôt cherché à racheter la SOGEL.

Autre mensonge dans cette déclaration d’Ibrahima Abe Sylla, à cette époque, Susan Rice n’était pas à la BAD, elle était plutôt Sous-secrétaire d’Etat aux Affaires Africaines.

Et comme il cite les Grands Projets, il ferait mieux, pour plus d’éclaircissement, de contacter Ibrahima Kassory Fofana qui vit avec lui aux Etats Unis et qui était Administrateur Général de cet Établissement à cette époque.

Cela dit, nous mettons au défi Abe Sylla de produire un quelconque document prouvant que le gouvernement de l’époque avait négocié un contrat de BOT avec AIS ingeniering et que le Premier Ministre Sidya avait annulé ce projet.

Mais en Guinée, le mensonge étant la chose la mieux partagée, chacun peut s’asseoir dans son salon, raconter du n’importe quoi et se faire accepter.

Et il reste évident que lorsqu’on cherche un poste ministériel en Guinée, on s’en prend à Sidya Touré, ancien Premier Ministre et Président de l’UFR ».

Mohamed Diawara, pour Conakryonline.com

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