Manifestation du 27 septembre : L’armée en marge, la seule victoire démocratique !

S’il était permis de trouver un seul point positif dans les manifestations d’hier, ce serait bien entendu la décision des autorités actuelles de laisser l’armée en dehors de ces affrontements d’ordre politique. En effet, à travers cette mobilisation, un des objectifs qui était sous-entendu est la conquête effective du droit à la manifestation. L’espoir étant que cette forme de revendication et de contestation s’ancre dans les mœurs démocratiques du pays. Alors, par rapport à ce qu’on a connu par le passé, la décision ayant cantonné les membres des forces de défense dans leurs différentes unités respectives, est une initiative qui doit se pérenniser. Le premier pas étant souvent le plus coûteux, celui-ci est à saluer comme il se doit...

Tous ceux qui s’expriment sur les manifestations du mardi 27 septembre sont unanimes : L’armée était absente des zones de mobilisation. La consigne qui avait été donnée la veille a été manifestement respectée à la lettre. Seules les forces de la gendarmerie et de la police étaient sur le terrain. Les choses semblaient si claires que le seul militaire qui avait commis l’imprudence d’aller outre les consignes de sa hiérarchie a été interpellé. Or, pour qui connaît les rapports entre forces de défense et celles en charge du maintien d’ordre et de la sécurité par le passé, c’est là la manifestation d’une certaine discipline au sein de la grande muette.

Mais il ne faut rien exagérer. Si cette fois ci l’armée est restée en marge des manifestations, c’est parce que les autorités politiques en ont décidé ainsi. L’institution que constitue l’armée se soumet aux mêmes règles et lois que les autres institutions. Et de ce fait, il n’agit que selon la volonté des responsables politiques de l’heure. Comme pour dire que tout le mérite de cette première est à l’actif des dirigeants actuels.

L’importance symbolique de l’attitude que l’armée en cette journée du 27 septembre 2011 peut alors inciter les autorités qui seront amenées dans le futur à se relayer à la tête du pays, à poursuivre dans le même sens. Ce qui risque bien entendu d’avoir des répercussions sur les futures manifestations qui seront organisées. Car il faut bien dire qu’au nombre des raisons qui avaient dissuadé les militants de l’opposition à répondre massivement à l’appel de leurs leaders, figurent très certainement les souvenirs douloureux des événements du 28 septembre 2009. Des souvenirs tristes et horribles très liés à l’attitude que la même armée avait eue à l’époque. Or, qu’on le veuille ou non, l’exercice libre du droit à la manifestation est un indicateur positif sur le cheminement de la démocratie. C’est dire que par rapport à un certain passé, il y a un petit plus sur le chemin de la démocratisation du pays. Un petit plus qu’il faut nécessairement transformer en un grand plus. Et c’est le grand défi.  

 

Fode Mara pour CONAKRYONLINE

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