Océan indien : Les Comores endeuillées

Le bilan du naufrage de l’embarcation comorienne qui a eu lieu dans la nuit du lundi au mardi ne cesse de grimper. De trente victimes annoncées le lendemain du drame, on se retrouve aujourd’hui avec plus d’une cinquantaine. En attendant les conclusions de la commission d’enquête mise en place, la surcharge et certaines négligences quant à l’entretien et la maintenance du bateau sont pointées comme possibles causes de l’accident. Du côté des populations, l’émotion et la tristesse sont les sentiments qui dominent au lendemain de ce nouveau drame.

Selon les premières informations, le bateau au bord duquel avaient pris place plus d’une centaine de passagers, en lieu et place des soixante autorisés, en provenance de Moroni pour l’île d’Anjouan, a sombré dans les eaux au sud de la Grande-Comore, après s’être fracassé. Auparavant, une panne de moteur et une avarie avaient été constatées. Redoutant la poursuite du voyage dans ces conditions, le commandant de bord a alors préféré rebroussé chemin. Et c’est là que le pire s’est produit. Pour le moment, on déplore plus de cinquante victimes et près de soixante-dix rescapés. Mais plus que ce bilan macabre, ce serait l’état dans lequel certains corps auraient été découverts qui est encore plus préoccupant. En effet, certaines victimes auraient leurs corps déchiquetés, au point qu’il serait pratiquement impossible des les identifier. La plupart des passagers du bateau étant originaires de l’île d’Anjouan, un avion a été affrété pour y déposer les victimes afin qu’elles y soient inhumées. Le président comorien Ikililou Dhoinine, décrétant "trois jours de deuil national", a par ailleurs laissé entendre que ceux dont la défaillance aura conduit à cet accident seront sévèrement sanctionnés. Même si c’est encore trop tôt, on peut néanmoins dire que la chance est grande pour qu’il y ait eu des défaillances. De tels risques sont notamment probables au sujet de la surcharge mais également en ce qui concerne les problèmes qui ont affecté le moteur et la coque du navire. On pense en effet que s’il y avait eu l’entretien et la maintenance avant le départ, ces problèmes auraient été décelés et résolus, le cas échéant. Mais dans l’ensemble, ce type de drames est plutôt courant dans cette partie du monde. A la différence que les autres accidents qu’on y a souvent relevés étaient du fait des embarcations de fortune occupées par des clandestins en partance pour l’île française de Moyotte. D’où ils espèrent rallier la métropole française. Du coup, on se serait attendu à ce que les autorités de ces petites îles soient davantage armées contre l’accident qui vient ainsi d’endeuiller tout le pays. Mais tel n’est malheureusement pas le cas. Et on s’en rend compte aujourd’hui de la plus regrettable des manières.    

 Fode Mara

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