Pollution : Une usine fermée à Dubréka

En visite de terrain, le ministre délégué à l’environnement a ordonné la fermeture provisoire de l’usine de transformation des huiles usées de Dubréka. Cette décision est consécutive au constat des nombreux impacts négatifs de cette installation industrielle sur l’environnement. Sans oublier les salaires de misère versés aux travailleurs de l’usine.


Après Fabal, c’est donc le tour de l’usine de transformation des huiles usées de Dubréka qui fait ainsi les frais de l’intransigeance des nouvelles autorités. Cette fois-ci, il ne s’agit pas que de la santé des populations, mais également de celle de l’environnement.

En effet, toutes les conditions de travail de cette usine constituent une sérieuse menace pour l’environnement. Cela va des fumées noires qui sortent de l’usine et envahissent l’atmosphère aux résidus rejetés qui, sous forme d’un liquide noirâtre, se jettent tout droit dans certains fleuves de la localité et qui, in fine, affectent toute la zone de la mangrove.

Au fait, ayant évolué jusque-là dans un contexte de non-contrôle quasi absolu, les responsables de l’usine ont fait de cette zone une sorte de négligence coupable. Ce qui fait que les digues qui avaient été aménagées pour
retenir ces résidus insalubres étaient débordées.

En ce qui concerne l’usine en question, les installations semblent d’un autre âge, au vu de leur vétusté. Les conditions de travail, quant à elles, ne sont guère meilleures.  Dépourvus de tout moyen de protection, les employés sont au contact direct des différents liquides. Ainsi, ils risquent toutes les maladies qui peuvent en résulter. Mais le plus énervant, c’est qu’avec tous ces risques, ils ne perçoivent qu’un misérable salaire. En témoignent les propos d’un des employés qui,se confiant à nos confrères de la RTG, dit n’être payé qu’à hauteur de 295 000 GNF. Poursuivant, presqu’en pleurs, il indique qu’il aimerait bien faire autre chose. Mais faudrait-il en trouver d’abord, se désole-t-il.

Il faut dire que cette usine transformait en gaz-oil les huiles usées en provenance des groupes électriques de Tombo et qui lui étaient livrées par EDG (Electricité De Guinée). Récemment, le ministre Papa Koly Kourouma, s’exprimant sur les problèmes dont il aurait hérité dans le secteur de l’électricité en Guinée, il avait pointé des magouilles et autres fraudes qui se tramaient autour de ces huiles. Désormais, on sait qu’il n’y avait pas que la fraude.  

  Fodé Maran pour CONAKRYONLINE

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