Relation Guinéo – Sénégalaise : « Macky Sall est mon frère. Il y a juste une incompréhension », selon Alpha Condé

Ce n’est pas seulement la décision de fermer les frontières de son pays avec la Guinée pour cause de la fièvre hémorragique à virus Ebola qui a frustré des Guinéens jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. C’est aussi la sortie médiatique du Président Macky Sall qui a menacé notre compatriote malade, de prison. L’accusant même d’avoir transgressé les lois du pays en violant ses frontières alors fermées et y introduire le virus Ebola. On se souvient de la mise au point de l’étudiant qui est entré au Sénégal bien avant la fermeture de ses limites conventionnelles avec la Guinée et qu’il s’y était rendu « seulement pour faire les vacances ». Il exprimera même son regret : « je suis vraiment, vraiment désolé ».

Les réactions enregistrées en Guinée feront que Macky Sall va repréciser ses idées et avoir un discours plus acceptable. Surtout qu’à l’issue de son intervention incriminée, « des jeunes se sont rendus à Fann [l’hôpital universitaire ; NDLR]juste après l’hospitalisation du Guinéen pour attenter à sa vie ».

Une attention particulière sera ainsi accordée par les autorités sénégalaises à l’étudiant guinéen qui, comme l’a relevé une dame à Conakry, « est devenu célèbre malgré lui ». Outre le geste financier fait au jeune, le Chef de l’Etat sénégalais va jusqu’à affréter un avion militaire (VIP) de son pays pour un vol spécial en vue de ramener l’étudiant qui avait finalement recouvré la santé : « je suis content d’être guéri ». Mais, Conakry refusera l’atterrissage de l’aéronef sur son sol. Mamadou Aliou Diallo va atterrir à la région frontalière de Kédougou (côté Sénégal) pour ensuite emprunter la route et regagner sa préfecture guinéenne de Labé.

Selon certains analystes, c’était de la part de Dakar, un rapatriement qui ne disait pas son nom même si Macky Sall avait affirmé : « Je n'ai aucune envie que l'on se précipite pour le renvoyer chez lui notamment, du fait de la stigmatisation que suscite Ebola, se pose aussi la question de sa sécurité et de son acheminement. Voilà pourquoi, en concertation avec les autorités de Conakry, nous étudions les voies et moyens d'un retour correct. Cela posé, il ne sera pas rapatrié dans l'immédiat ».

Alors, y a-t-il eu précipitation de côté sénégalais ? Surtout que le Président Alpha Condé a récemment déclaré à des confrères sénégalais partis couvrir à New York la 69ème session de l’Assemblée générale de l’ONU que son « Ministre des Affaires étrangères avait demandé [à la partie sénégalaise, d’accorder ; NDLR] du temps pour mettre en place en système adéquat pour la prise en charge [de notre compatriote ; NDLR] à l’aéroport ».

Sur un autre plan, le Chef de l’Etat se montre compréhensif par rapport à la décision de fermeture des frontières du pays de la Terranga avec son pays : « Avec la maladie Ebola, il y a des campagnes internationales qui font peur aux gens. Et comme il y a une grande psychose, il est normal que chaque Chef d’Etat cherche à protéger son peuple » mais, Alpha Condé estime qu’ « Il aurait été plus raisonnable de prendre des mesures fermes à l’aéroport [de Dakar ; NDLR] que de fermer les frontières » avant d’estimer : « Nous pensons que c’est juste une période de malentendu et que cela va passer ».

Pour montrer sa bonne foi à l’égard du peuple sénégalais, le Numéro Un guinéen se souvient encore : « Quand j’étais en prison, en tant qu’opposant, le plus grand soutien que j’ai eu était celui du peuple sénégalais et de toute la classe politique de ce pays. Et ces derniers m’ont reçu lors de ma venue à Dakar. Donc, je dois beaucoup au peuple sénégalais ».

Il a conclu son entretien avec la presse sénégalaise par cette assurance : « Macky Sall est mon frère et je suis sûr que l’on va rapidement trouver une solution concernant le problème de l’aéroport. Il n’y a pas de polémique entre la Guinée et le Sénégal, il y a juste une incompréhension ».

 

Mohamed Diawara pour Conakryonline.

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