Soupçonné d’avoir contracté Ebola, le ministre Lousény Camara s’explique

« On est au 21ème jour. Le secret a été soigneusement gardé. Un ministre s’est volontairement mis en quarantaine » après dit-on, « avoir été embrassé par un "Contact" de la maladie d’Ebola et qui en est finalement mort ». Voici, la rumeur qui avait commencé à courir. Après avoir ainsi "observé les 21 jours", Lousény Camara, c’est son nom, sort de son silence devenu pesant. Le ministre de la Pêche et de l’Aquaculture aurait reçu l’autorisation du président de la République d’apporter lui-même le démenti à la rumeur qui avait commencé à prendre forme, après des fuites bien organisées. Pr. Alpha Condé qui vient de faire l’objet de rumeur sur sa vraie-fausse mort, en sait quelque chose. Il n’a donc, pas tardé à ordonner à son ministre de réagir.

L’homme dont la température affiche au thermo-flash 36,5 degrés Celsius, n’hésite pas à déclarer : « Je suis encore bien portant malgré la volonté de certaines personnes ». A un collègue qui a eu la primeur de l’information, il brandit son ordre de mission daté du 9 au 16 novembre avec son billet d’avion. Et Lousény Camara de marteler : «Tous ceux-ci sont des éléments de preuve pour confondre mes détracteurs qui sont en train de distiller des rumeurs malveillantes sur ma personne » et, avec le moral au top, soutient être « victime d’une vaste cabale ourdie par mes détracteurs juste pour pouvoir m’abattre. Ce sont des rumeurs fantômes, nées depuis le temps où j’étais à la CENI qui continuent de s’acharner jusqu’à présent contre moi ». Et, en pince-sans-rire, déclare : « Je suis habitué à ces genres d’informations et cela ne m'ébranle guère ».

En bon croyant, Lousény Camara de déclarer : « Je remercie Dieu que leur [ses détracteurs ; NDLR] volonté ne se soit pas exécutée et que je sois encore bien portant, je dirais mieux qu’eux. La preuve est que durant tout le mois d’octobre, j’ai effectué deux missions. Une mission à l’intérieur du pays dans le cadre de la mission générale des membres du gouvernement pour la sensibilisation contre l’épidémie de la fièvre Ebola.

Le ministre de préciser, par ailleurs : « Lorsque je voyage en dehors du pays, je me procure les flacons de gel, du type ‘’baccide’’ que j’ai achetés à Paris. J’en ai distribué à mes collaborateurs, à mes proches comme le chauffeur, les gardes du corps… A la maison, si vous vous y rendez, vous allez constater qu’il y a une gourde contenant de l’eau chlorée pour permettre aux gens et aux enfants de se désinfecter avant de rentre chez moi ».

Par rapport à la rumeur qui voudrait qu’il ait été affecté par une personne-contact, chez lui, Lousény Camara objecte : « Non chez moi, ce n’est pas vrai ! Quand il y en aura, je serai le premier à appeler le Centre de traitement. Ce n’est pas possible ».

Il avoue : « Il est vrai, que j’ai perdu des proches à cause de cette maladie. A Macenta, j’ai perdu des cousins, une tante, un oncle maternel à Conakry ici. Celui-ci était domicilié à Gbessia-Port moi, je suis logé loin jusqu’à Tombolia. Cet oncle est décédé le 19 octobre dernier, sa famille a d’ailleurs fini sa quarantaine, ce vendredi 8 Novembre. Personnellement, je n’ai jamais mis pied chez lui quand il est tombé malade. Il faut que les gens restent sereins », invite-t-il.

Le ministre Lousény de rassure, d’autre part : « Aussi bien au niveau du gouvernement qu’au niveau des hauts cadres, nous sommes suffisamment informés pour pouvoir éviter cette maladie ».

L’homme de revenir sur le cas de son oncle décédé : « Cet oncle est décédé et sa femme est sortie du centre ainsi que sa cousine. Tout ceci veut dire que la maladie n’est pas forcement fatale. Dans la concession de mon oncle, aucune autre personne n’est encore morte ou infectée, à part lui. C’est dire qu’être un contact, ne signifie pas qu’on est forcément malade et qu’on va forcement mourir de cette maladie. Il faut que les gens le comprennent. Il y a de plus en plus de proches qui ne développent pas la maladie. Parce que tout le monde a compris que lorsqu’un proche est mort d’Ebola, on doit renforcer l’hygiène et les services de santé ainsi que les services humanitaires de leur côté, viennent sensibiliser, prennent les températures… ».

Le ministre de la Pêche et de l’Aquaculture de conclure : « Depuis le mois de mars, période à laquelle l’épidémie a été déclarée en zone forestière, moi je fais prendre ma température tous les matins. J’ai le thermomètre dans ma voiture, au service, à la maison. Je ne le fais pas pour quelqu’un, mais, pour moi-même. C’est vrai, je suis une personnalité publique, un ministre de la République mais, le Guinéen a pris l’habitude, on en a connu au plus sommet de l’Etat, à faire courir des rumeurs, à spéculer sur la vie privée des gens. Ce qui est vraiment difficile à accepter. Que les gens comprennent que même si vous êtes le pire ennemi de quelqu’un, il ne faut pas lui souhaiter la mort ».

Mohamed Diawara pour Conakryonline.com

Top Top